Conservateurs et néo-démocrates, enfin sous la loupe!

Après réflexion, la journée d’hier a beaucoup de points positifs.

Autant les canadiens avaient peur en 2004 d’un gouvernement minoritaire « paralytique » et « inefficace », autant on se dit maintenant qu’un gouvernement majoritaire a des allures de fascisme… Mais à quoi servent maintenant les partis de l’opposition? Ironiquement, comme le disait hier Jean-François Lisée, les néo-démocrates avaient plus de pouvoir avant les élections qu’ils en ont maintenant.

Il reste que les prochaines années seront un retour de pendule particulièrement intéressant et une occasion idéale de juger les conservateurs et les néo-démocrates, après tout ce qui a été dit à leur sujet.

Faits saillants

Voici les faits saillants de cette élection à mon avis :

  1. Les libéraux donnent la majorité aux conservateurs en perdant la couronne torontoise.
  2. Le Québec est nettement sous-représenté au sein du gouvernement majoritaire.
  3. Les néo-démocrates balaient les bloquistes et les libéraux au Québec.

Autrement dit :

  1. Au centre, les libéraux ont progressivement été pris en étau entre les conservateurs et les néo-démocrates qui ont pris de plus en plus de place au centre de l’échiquier. Christian Paradis parle maintenant du Parti conservateur comme d’un parti de centre droit et Bob Rae a même parlé d’une fusion du NPD avec le Parti libéral…
  2. En ce qui concerne la place du Québec au pouvoir, ce n’est probablement pas si dramatique qu’on le croit quand on pense au vote traditionnellement bloquiste. D’ailleurs, lors de son discours, Harper et ses partisans ont chaudement applaudi le vote fédéraliste québécois… et aux yeux des analystes, ceci devrait améliorer la crédibilité des québécois dans le reste du Canada.
  3. Vague orange : visiblement, les étudiant(e)s, enseignant(e)s, activistes, environnementalistes, journalistes, syndicalistes et avocat(e)s du NPD ont été des cibles de choix pour les Québécois, apeurés par le Parti Conservateur.

Sièges et suffrage universel?

Le nombre de sièges est-il représentatif du vote? Considérant que le taux de participation n’a que très légèrement augmenté entre 2008 et 2011, voici un tableau qui dresse respectivement le nombre de sièges, le pourcentage de vote et le pourcentage de siège remportés par chaque parti au deux dernières élections.

En vert, on peut voir les partis qui sont actuellement surreprésentés à la chambre des communes, et en rouge, ceux qui sont sous-représentés. À la défense des libéraux et des bloquistes, on peut voir qu’ils sont présentement sous-représentés en chambre, ce qui laisse croire que le Québec est moins orange qu’on ne le croit.

Partis 20081 20112
Sièges Voix % Sièges % Sièges Voix % Sièges %
Conservateurs 143 37,63 46,43 167 39,62 54,22
NPD 37 18,2 12,01 102 30,62 33,12
Libéraux 77 26,24 25 34 18,91 11,04
Bloc 49 9,97 15,91 4 6,05 1,3
Vert 0 6,8 0 1 3,91 0,32
Indépendants 2 0,65 0,65 0 0,43 0

1 http://www.cbc.ca/news/canadavotes/map/2008/
2 http://www.cbc.ca/news/politics/canadavotes2011/

À quoi devons-nous s’attendre d’une majorité conservatrice?

Harper tente de se faire rassurant depuis le discours de la victoire. Il a réitéré ses priorités qui, tout compte fait, n’ont rien de choquantes en soi :

  1. Croissance et économie
  2. Familles et aînés
  3. Éliminer le déficit et augmenter les transferts en santé
  4. Sécurité dans les villes…

Mais voilà la question qu’on se demande tous : où est l’agenda allianciste de Stephen Harper? Il ne nous le dira jamais directement, mais je suis convaincu que Harper saura nous broder un tissu de projets de loi soigneusement calculé et équilibré pour plaire à tout le monde, y compris la base allianciste qui l’a élu en 2002.

Cependant, on peut d’ores et déjà dire adieu au registre des armes à feu et au financement public des partis.

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