Projet de loi 78

Il aura fallu une loi spéciale pour sortir de mon mutisme : Loi permettant aux étudiants de recevoir l’enseignement dispensé par les établissements de niveau postsecondaire qu’ils fréquentent.

La CAQ et le PLQ viennent d’appuyer le projet de loi qui va réorganiser le calendrier scolaire de la session d’hiver et de la session d’automne en plus de mettre en oeuvre des mesures pour faire respecter les injonctions.

Disons toutefois que la CAQ appuie la loi à reculons, après avoir réussi quelques amendements :

  1. Le concept de « groupe » est passé de 10 à 50…
  2. Il n’y aura pas de diplômes à rabais : les étudiants devront compléter au moins 75% de leurs sessions.

Bien que les voies de communications soient toujours ouvertes – indirectement – au sujet de la hausse des droits de scolarité, les relations sont maintenant irrémédiablement entachées.

Quant aux nouvelles obligations imposées aux « groupes » de manifestants, TOUTES causes confondues, on peut difficilement s’empêcher d’être cynique sachant que les prochaines élections ne sont pas très loin.

Que l’on soit pour ou contre la hausse, le gouvernement n’aura pas fait d’efforts soutenus pour encourager un dialogue – de bon ton et avec retenu – et élaborer une sortie de crise durable et acceptable.

Force est de constater que j’ai vu plus d’effort et de retenu du côté de Léo Bureau-Blouin que du côté de la ministre et du PM.

Définitivement, le tout est un gâchis.

Et malgré l’énorme désagrément que cette loi vient d’ajouter dans le débat houleux des droits de scolarité, j’ose espérer que la plupart d’entre nous ne succomberons pas à la bêtise.

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Conservateurs et néo-démocrates, enfin sous la loupe!

Après réflexion, la journée d’hier a beaucoup de points positifs.

Autant les canadiens avaient peur en 2004 d’un gouvernement minoritaire « paralytique » et « inefficace », autant on se dit maintenant qu’un gouvernement majoritaire a des allures de fascisme… Mais à quoi servent maintenant les partis de l’opposition? Ironiquement, comme le disait hier Jean-François Lisée, les néo-démocrates avaient plus de pouvoir avant les élections qu’ils en ont maintenant.

Il reste que les prochaines années seront un retour de pendule particulièrement intéressant et une occasion idéale de juger les conservateurs et les néo-démocrates, après tout ce qui a été dit à leur sujet.

Faits saillants

Voici les faits saillants de cette élection à mon avis :

  1. Les libéraux donnent la majorité aux conservateurs en perdant la couronne torontoise.
  2. Le Québec est nettement sous-représenté au sein du gouvernement majoritaire.
  3. Les néo-démocrates balaient les bloquistes et les libéraux au Québec.

Autrement dit :

  1. Au centre, les libéraux ont progressivement été pris en étau entre les conservateurs et les néo-démocrates qui ont pris de plus en plus de place au centre de l’échiquier. Christian Paradis parle maintenant du Parti conservateur comme d’un parti de centre droit et Bob Rae a même parlé d’une fusion du NPD avec le Parti libéral…
  2. En ce qui concerne la place du Québec au pouvoir, ce n’est probablement pas si dramatique qu’on le croit quand on pense au vote traditionnellement bloquiste. D’ailleurs, lors de son discours, Harper et ses partisans ont chaudement applaudi le vote fédéraliste québécois… et aux yeux des analystes, ceci devrait améliorer la crédibilité des québécois dans le reste du Canada.
  3. Vague orange : visiblement, les étudiant(e)s, enseignant(e)s, activistes, environnementalistes, journalistes, syndicalistes et avocat(e)s du NPD ont été des cibles de choix pour les Québécois, apeurés par le Parti Conservateur.

Sièges et suffrage universel?

Le nombre de sièges est-il représentatif du vote? Considérant que le taux de participation n’a que très légèrement augmenté entre 2008 et 2011, voici un tableau qui dresse respectivement le nombre de sièges, le pourcentage de vote et le pourcentage de siège remportés par chaque parti au deux dernières élections.

En vert, on peut voir les partis qui sont actuellement surreprésentés à la chambre des communes, et en rouge, ceux qui sont sous-représentés. À la défense des libéraux et des bloquistes, on peut voir qu’ils sont présentement sous-représentés en chambre, ce qui laisse croire que le Québec est moins orange qu’on ne le croit.

Partis 20081 20112
Sièges Voix % Sièges % Sièges Voix % Sièges %
Conservateurs 143 37,63 46,43 167 39,62 54,22
NPD 37 18,2 12,01 102 30,62 33,12
Libéraux 77 26,24 25 34 18,91 11,04
Bloc 49 9,97 15,91 4 6,05 1,3
Vert 0 6,8 0 1 3,91 0,32
Indépendants 2 0,65 0,65 0 0,43 0

1 http://www.cbc.ca/news/canadavotes/map/2008/
2 http://www.cbc.ca/news/politics/canadavotes2011/

À quoi devons-nous s’attendre d’une majorité conservatrice?

Harper tente de se faire rassurant depuis le discours de la victoire. Il a réitéré ses priorités qui, tout compte fait, n’ont rien de choquantes en soi :

  1. Croissance et économie
  2. Familles et aînés
  3. Éliminer le déficit et augmenter les transferts en santé
  4. Sécurité dans les villes…

Mais voilà la question qu’on se demande tous : où est l’agenda allianciste de Stephen Harper? Il ne nous le dira jamais directement, mais je suis convaincu que Harper saura nous broder un tissu de projets de loi soigneusement calculé et équilibré pour plaire à tout le monde, y compris la base allianciste qui l’a élu en 2002.

Cependant, on peut d’ores et déjà dire adieu au registre des armes à feu et au financement public des partis.

Élections 2011 : la coalition des conservateurs?

Voilà qu’on apprend que les conservateurs appuient la campagne d’André Arthur :
Élections 2011 – André Arthur reçoit l’appui de Stephen Harper et de Maxime Bernier

Notez qu’après vérification, la circonscription du candidat indépendant est la seule au Canada où les conservateurs n’ont pas présenté de candidat comme l’atteste ce document PDF, tiré du site d’Élections Canada.

On peut en conclure que le Parti Conservateur n’a pas jugé bon de diviser le vote à droite, puisque M. Arthur admet lui-même avoir souvent voté avec les conservateurs.

Comme quoi une coalition, ça peut avoir du bon.

Cynisme envers politiciens, chefs d’entreprise, papas et mamans…

Suite à La période de questions sur RDI à propos du dernier remaniement ministériel du PLQ, j’étais quelque peu énervé par l’éternel cynisme des gens envers les politiciens.

D’abord, parce qu’il y a des gens honnêtes ou malhonnêtes dans l’ensemble de la population. Il y a des fraudeurs autant parmi les chefs d’entreprises que parmi les employés. Puis il y a les voleurs de cartes de crédit – qui sont à leur compte… Ça me semble relativement simple à comprendre.

Puis à bien y penser, le cynisme politique n’est pas tellement différent du cynisme envers les dirigeants d’entreprise. Au fond, il y a du cynisme envers tous ceux qui gouvernent!

Et si les enfants en étaient capables, je crois qu’il y aurait aussi beaucoup de cynisme envers papas et mamans…

Tous ceux qui prennent des décisions s’attirent inévitablement le cynisme des autres. Et dans bien des cas, le cynisme a au moins trois sources : la mauvaise foi, l’incompréhension et la généralisation.

La mauvaise foi : ce que j’appelle la mauvaise foi, c’est la croyance que, dans l’exercice politique ou dans la gestion d’entreprise, la gestion de sa réputation est une fin en soi. Par exemple, il est normal selon moi qu’un gouvernement exploite, évidemment en toute légalité, les mécanismes et les règles en place pour favoriser sa réelection. Tout le monde exploite les crédits d’impôt et les déductions disponibles à son avantage. Tout le monde se montre sous son meilleur jour en entrevue ou chez un client. Ce sont les règles du jeu et non de la malhonnêteté. Par contre, si un gouvernement se consacre plus qu’il ne le faut à son image et néglige ses responsabilités, on peut se poser des questions.

L’incompréhension : qu’un enfant ne comprenne pas les décisions de ses parents, c’est simple à comprendre. Dans le cas d’un gouvernement ou d’une entreprise, la gestion quotidienne et les décisions prises tiennent compte d’un très grand nombre de facteurs dont la plupart des gens ne connaissent même pas l’existence. À moins que de l’avoir expérimenté, je ne crois pas qu’on puisse comprendre ce que c’est que de gouverner. On gouverne pour tous et non pour des individus.

La généralisation : il est tellement plus simple de généraliser. Ils sont tous pareils…

Bref, le cynisme est trop souvent mesquin, excessif et totalement dénué d’arguments. Je suis prêt à défendre sauvagement mon point de vue à ce sujet, car il y en a franchement marre!

Puis au fond, je crois que les gens qui gouvernent ont droit au bénéfice du doute.

Autrement, il n’y aurait rien à espérer de toute façon.