Survivre à l’islandais : -vík (f) = baie

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Mývatn signifie Lac aux mouches et la raison devient assez évidente quand on arrive dans la région.

Quand on voyage en Islande, il est facile d’identifier la nature d’un lieu par la terminaison de son nom. Vík signifie « baie », donc Reykjavík, Keflavík et Húsavík sont des noms de villes situées dans une baie.

Cette façon de nommer les villes, les rivières, les chutes, les montagnes, les glaciers, les rues, etc. est très consistante en Islande.

Voici une liste de suffixes utiles où le genre du nom apparaît entre parenthèses (masculin, féminin ou neutre) :

Suffixe Signification Exemples
-á (f) rivière Skyndidalsá
-dalur (m) vallée Möðrudalur
-ey (f) île Grímsey, Heimaey
-fell (n) montagne Skaftafell
-fjall (n), -fjöll (pluriel) montagne, volcan Hverfjall
-fjördur (m) fjord Seyðisfjörður, Siglufjördur (certaines villes portent tout simplement le nom du fjord où ils se trouvent)
-foss (m) chute d’eau Dettifoss, Hengifoss
-gata (f) rue Glerárgata
-göng (n) tunnel Hvalfjarðargöng
-jökull (m) glacier Vatnajökull
-lón (n) lagon Jökulsárlón (jökull, á et lón : lagon de la rivière de glacier)
-nes (n) péninsule Reykjanes
-ós (m) estuaire Hofsós
-sandur (m) désert Mýrdalssandur
-vatn (n) lac Mývatn
-vegur (m) rue Laugavegur
-völlur (m), -vellir (pluriel) champ, plaine Þingvellir

Eyjafjallajökull

Avec les mots ci-dessus, on peut facilement décortiquer le nom qui est apparu dans les médias suite à l’éruption du volcan islandais. Le mot se décompose ainsi : eyja-fjalla-jökull ou îles-montagnes-glacier. Ici, eyja et fjalla sont au pluriel et sous forme de complément de nom – génitif pour les latinistes – , ce qui explique la différence entre ey et eyja et fjöll et fjalla.

Le mot signifie donc, traduit librement, glacier-des-montagnes-des-îles en faisant probablement référence aux îles Vestmann non loin du glacier. D’ailleurs, il faut remarquer que ceci n’est pas le nom du volcan mais le nom du glacier en dessous duquel se trouve le volcan qui se nomme Eyjafjöll ou montagnes-des-îles.

Référence : http://fr.wikipedia.org/wiki/Eyjafjallaj%C3%B6kull

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Halldór Laxness : prix Nobel de littérature (1955)

Depuis que je me suis épris de l’Islande, j’ai lu La cloche d’Islande de Laxness et ma découverte se poursuit avec Gens indépendants du même auteur.

La cloche d’Islande constitue une excellente leçon d’histoire de l’Islande et le style est passablement différent de la littérature à laquelle je suis habitué, que ce soit la littérature française, québécoise, allemande ou russe. Une des raisons est – pour ce que j’en connais -, que la littérature islandaise vit sous le spectre des anciennes sagas et dans des conditions matérielles qui n’ont jamais été des plus avenantes.

Tout comme dans les sagas et dans les contes islandais, le dialogue est direct et comique. Avec Gens indépendants, les dialogues n’ont rien à envier à La cloche d’Islande, le rythme du roman semble plus soigné et je dirais que l’intrigue est moins complexe dans son ensemble. Jusqu’à maintenant, il n’a pas été facile de lire un chapitre sans directement enchaîner avec le suivant.

À suivre…

Sigur Rós : Sons et impressions de l’Islande

Le groupe islandais Sigur Rós a définitivement tous les charmes. Leur musique suffit déjà à satisfaire les passionnés de musique mais sous leur pieds, il y a toute l’Islande, la langue et la culture islandaise.

D’abord, ils chantent en islandais et non en anglais. À prime abord, dans les discussions entre amis, les numéros de pièces et les années de parution des albums sont à peu près les seules choses qu’on peut prononcer, mais bientôt, on découvre que l’islandais est une langue très douce avec beaucoup de sons inusités.

Sur la route 1 quelque part le long de la Norðurá

Suivant la langue, il y a la musique. Sans avoir jamais mis les pieds en Islande, on peut deviner l’isolement, les volcans, les geysers, les chutes d’eau, les glaciers, l’océan, le vent, la glace, la neige et le soleil de minuit.

Parmi mes références préférées, mentionnons la pièce Hjartað Hamast qui se termine avec ce qui ressemble au bruit d’un geyser ou l’éruption d’un volcan, Glósóli qui rappelle le bruit d’un glacier qui craque et avance lentement, l’archet de Jónsi sur sa guitare électrique qui sonne comme un écho lointain d’activité volcanique(!) et le vibraphone qui résonne comme des gouttes de calcaires dans une grotte.

La voix du chanteur Jónsi sonne tantôt comme le vent d’hiver qui siffle dans un trou de serrure, tantôt comme le chant perdu d’un elfe dans un souterrain, tantôt comme un être surhumain sous un soleil éternel et tantôt comme un Islandais particulièrement doué pour le chant.

De plus, on retrouve la plupart du temps la force des éléments dans leur musique. Autant de silence et de sérénité que de puissance et de déchaînement. Leur tournée Heima autour de l’Islande en 2007 est d’ailleurs un mélange de musique de Sigur Rós et de paysage de l’Islande assez parlant.

Toutes ces raisons m’ont aussi emmenées, l’année dernière, à mettre les pieds en Islande.
Et ce n’était pas la dernière fois.

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