Le génie de Twitter

La première fois que j’ai utilisé Twitter, j’ai été frappé par la pureté du concept.

C’est comme si un beau jour, quelqu’un était arrivé sur son profil Facebook et qu’il s’était dit : « C’est quoi tout ce bordel? FarmVille, Hug Me, Happy Hour… Dans le fond, tout ce qui m’intéresse, c’est le statut Facebook de mes amis… ».

Ainsi il a tout viré, sauf le statut, et Twitter est né. Bien entendu, ce n’est pas ce qui est arrivé mais ça aurait pu être le cas selon moi.

Parce que si on considère les autres idées géniales du Web, il faut savoir que YouTube est apparu à un moment où la bande passante n’était pas encore adéquate au visionnement de vidéos en ligne et que Google a dû parcourir et indexer tout le contenu du Web pour alimenter son moteur de recherche. Ceux-ci ont donc dû composer avec des difficultés techniques non-négligeables au moment où ils ont vu le jour.

De son côté, Twitter aurait quasiment pu apparaître à la création du Web, tellement le concept est simple! Il suffit juste de saisir et de stocker les 140 caractères d’un utilisateur et de les afficher aux utilisateurs qui le suivent… Je ne peux pas imaginer un concept plus simple qui ait généré autant de valeur.

Twitter est une idée à 1 milliard de dollars que n’importe quel programmeur aurait pu développer sans aucun moyen financier. En réalité, il faut donner crédit aux créateurs pour la qualité du service et le « branding », mais il reste que c’était beaucoup moins risqué que de construire le prochain Airbus…

Survivre à l’islandais : -vík (f) = baie

adfaf

Mývatn signifie Lac aux mouches et la raison devient assez évidente quand on arrive dans la région.

Quand on voyage en Islande, il est facile d’identifier la nature d’un lieu par la terminaison de son nom. Vík signifie « baie », donc Reykjavík, Keflavík et Húsavík sont des noms de villes situées dans une baie.

Cette façon de nommer les villes, les rivières, les chutes, les montagnes, les glaciers, les rues, etc. est très consistante en Islande.

Voici une liste de suffixes utiles où le genre du nom apparaît entre parenthèses (masculin, féminin ou neutre) :

Suffixe Signification Exemples
-á (f) rivière Skyndidalsá
-dalur (m) vallée Möðrudalur
-ey (f) île Grímsey, Heimaey
-fell (n) montagne Skaftafell
-fjall (n), -fjöll (pluriel) montagne, volcan Hverfjall
-fjördur (m) fjord Seyðisfjörður, Siglufjördur (certaines villes portent tout simplement le nom du fjord où ils se trouvent)
-foss (m) chute d’eau Dettifoss, Hengifoss
-gata (f) rue Glerárgata
-göng (n) tunnel Hvalfjarðargöng
-jökull (m) glacier Vatnajökull
-lón (n) lagon Jökulsárlón (jökull, á et lón : lagon de la rivière de glacier)
-nes (n) péninsule Reykjanes
-ós (m) estuaire Hofsós
-sandur (m) désert Mýrdalssandur
-vatn (n) lac Mývatn
-vegur (m) rue Laugavegur
-völlur (m), -vellir (pluriel) champ, plaine Þingvellir

Eyjafjallajökull

Avec les mots ci-dessus, on peut facilement décortiquer le nom qui est apparu dans les médias suite à l’éruption du volcan islandais. Le mot se décompose ainsi : eyja-fjalla-jökull ou îles-montagnes-glacier. Ici, eyja et fjalla sont au pluriel et sous forme de complément de nom – génitif pour les latinistes – , ce qui explique la différence entre ey et eyja et fjöll et fjalla.

Le mot signifie donc, traduit librement, glacier-des-montagnes-des-îles en faisant probablement référence aux îles Vestmann non loin du glacier. D’ailleurs, il faut remarquer que ceci n’est pas le nom du volcan mais le nom du glacier en dessous duquel se trouve le volcan qui se nomme Eyjafjöll ou montagnes-des-îles.

Référence : http://fr.wikipedia.org/wiki/Eyjafjallaj%C3%B6kull

Apple : le nouveau Microsoft?

Maintenant que Apple a dépassé Microsoft en capitalisation boursière, la question se pose sérieusement.

Ce n’est pas seulement le monopole grandissant de la Pomme pour les lecteurs MP3, la vente de musique en ligne et les téléphones intelligents qui nous rappellent Microsoft.
Ce qui nous rappelle Microsoft, c’est aussi les pratiques anticoncurrentielles de Apple qui font de plus en plus souvent la une des nouvelles technologiques.

Il y a plusieurs articles sur le sujet et tout le monde a évidemment pensé au même titre…

Articles sur le sujet :
Is Apple the New Microsoft?
Apple: The New Microsoft
The Microsofting of Apple?

Halldór Laxness : prix Nobel de littérature (1955)

Depuis que je me suis épris de l’Islande, j’ai lu La cloche d’Islande de Laxness et ma découverte se poursuit avec Gens indépendants du même auteur.

La cloche d’Islande constitue une excellente leçon d’histoire de l’Islande et le style est passablement différent de la littérature à laquelle je suis habitué, que ce soit la littérature française, québécoise, allemande ou russe. Une des raisons est – pour ce que j’en connais -, que la littérature islandaise vit sous le spectre des anciennes sagas et dans des conditions matérielles qui n’ont jamais été des plus avenantes.

Tout comme dans les sagas et dans les contes islandais, le dialogue est direct et comique. Avec Gens indépendants, les dialogues n’ont rien à envier à La cloche d’Islande, le rythme du roman semble plus soigné et je dirais que l’intrigue est moins complexe dans son ensemble. Jusqu’à maintenant, il n’a pas été facile de lire un chapitre sans directement enchaîner avec le suivant.

À suivre…

Les couleurs de la lune

La lune nous apparaît tantôt grise, tantôt rouge, orange ou jaune.

Les couleurs de la lune, c’est un peu comme demander pourquoi le ciel est bleu et les couchers de soleil rouge, orange, jaune ou rose!

La responsable, c’est l’atmosphère terrestre.

En principe, la lumière blanche qui parvient jusqu’à nous à partir du soleil est composée de toutes les couleurs de l’arc-en-ciel. Par contre, les quelques kilomètres de particules et d’air variable (chaud, froid, humide, sec, pollué, etc.) qui forment l’essentiel de la couche la plus basse de l’atmosphère ne diffusent pas de la même façon toutes les couleurs de la lumière.

En plein jour, l’atmosphère diffuse le bleu dans toutes les directions, mais elle interfère moins sur les autres couleurs, d’où la couleur bleu du ciel.

Mais d’où viennent alors les couleurs rouge, orange, jaune et rose des couchers de soleil?

Plus on se rapproche de l’horizon, plus la couche d’atmosphère à travers laquelle on regarde le soleil est grande, donc les effets peuvent être plus spectaculaire près de l’horizon. Tandis qu’au zénith (en plein centre dans le ciel), la couche atmosphérique par rapport à nous est à son plus mince, ce qui a un effet moins déformant.

Et pouquoi la couche atmosphérique est-elle plus grande à l’horizon qu’au zénith?

Pour se le représenter, imaginons que nous sommes couchés en plein centre au fond d’une très grande piscine, dont le niveau d’eau est le même partout. Si on regarde directement en haut, on regarde à travers moins d’eau que si on regarde en diagonale en direction des rebords de la piscine. Les images qui proviennent des extrémités sont plus embrouillées que celles qui sont au dessus de nous. C’est le même principe à travers l’atmosphère.

Finalement, la lune aurait probablement toujours la même couleur si ce n’était des humeurs de l’atmosphère, qui génère continuellement un peu de variété, pour notre plus grand divertissement – et questionnement…

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« Who says I have a mother? »

As far back as I can remember, I’ve always loved gangster talk. Especially the Italian-American way.

As I wanted to share a couple of my favorite scenes on the subject, the first thing I could think of came from the Simpsons:

Fat Tony: How is your mother?
Johnny: Oh, hey, who says I have a mother?

Here are a few humoristic scenes that I particularly enjoyed.

The Goodfellas

Next to the Simpsons (!), you don’t know anything about gangsters until you watched The Goodfellas. And without going any further, here is the how-am-I-funny-scene from the movie:

Coffee and cigarettes – Those Things’ll Kill Ya

Another funny scene played by Italian Americans – I guess – is from Coffee and cigarettes. By the way, I am not here to start over a debate on Italian Americans stereotyping. I just love the way they talk!

Mean Streets – What’s a mook?

Yep, what’s a mook? I like this definition that I found in the Urban Dictionary: « Mooks are archetypal young males (teens-early 20s) who act like moronic boneheads. They are self centered simpletons who live a drunken frat-boy lifestyle (or are frat-boys). »

Reservoir Dogs

How about Tarantino’s movies and Steve Buscemi?…

Anybody can think of another great scene?

Hal Gill, la grande échalotte des Habs

Après ses récentes performances, le nom de Hal Gill commence enfin à ressortir – en bien – dans les entrevues d’après-match.

Mais Hal Gill n’est pas encore sorti du bois. Combien de temps s’est écoulé avant que les journalistes commencent à souligner le travail exceptionnel de Halak?

Sans comparer Gill à Halak (!), il est triste de constater à quel point le biais est encore très fort envers les joueurs « étrangers ». Il suffit que Lapierre ait eu une bonne demi-saison en carrière pour qu’on lui donne une place sur un trio à chaque soir. Mais pour les autres, il va falloir plusieurs années – et un salaire modeste – pour qu’on les accepte finalement, comme ce fut le cas avec Markov.

Dans la même veine, il est aberrant que les journalistes souhaitent encore, de temps à autre, aller chercher Vincent Lecavalier, lui qui a accumulé moins de points que Tomas Plekanec dans les 2 dernières saisons, qui a un contrat interminable et qui coûte plus cher que Joe Thornton ou Nicklas Lidstrom, soit 10 000 000 $ ou 7 760 000 $ / année en moyenne pour les 10 prochaines années.

Bref, s’il y avait un joueur au sein du Canadiens qui s’appelait Boucher et un autre qui s’appelait Johnson, je sais déjà qu’on pardonnerait plus facilement à Boucher qu’à Johnson.

Même si ces deux joueurs n’existent pas.

Heureusement pour Johnson.

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Apple vs Google : Produits finis et infinis…

Si je me permettais de faire une comparaison entre Apple et Google, – même si c’est un encore un peu comme comparer des pommes et des googlettes -, je soulignerais avant tout la différence suivante : bien que les deux entreprises aient toutes les deux d’excellentes idées, Apple a un avantage énorme quand vient le temps de livrer le produit fini.

Apple sait exactement où elle s’en va et la mise en marché de ses produits est un art à part entière. Peu nombreuses sont les entreprises capables de rivaliser Apple sur le plan technologique et ergonomique à la fois. Je crois que les récents produits de Apple parlent d’eux-mêmes.

De son côté, Google a l’inconvénient de s’éparpiller dans les nouveautés et à l’image de Google Labs, on a l’impression que Google ne sait pas encore vers quel produit s’aligner ou qu’elle travaille sur trop de produits en même temps. Question ergonomie, il suffit de penser à Google Wave pour comprendre que Google a comme plusieurs la mauvaise tendance à compliquer les choses pour rien. En ce qui concerne le design de ses produits, Apple n’a certainement rien à envier à iGoogle ou à Google Chrome.

Entre les deux, le développement des produits diverge aussi. Alors que les produits d’Apple ne sont rien de plus que des rumeurs jusqu’à ce que Steve Jobs lui-même ne les présentent au public, Google cherche à bénéficier de la communauté du logiciel libre pour développer entre autres des applications pour Android ou des extensions pour Chrome OS.

Pour ce qui est de la mise en marché ou de la visibilité, on peut dire que Google n’a pas l’art de se faire valoir non plus. Peu de gens connaissent Android ou le Nexus One. De l’autre côté, bien que le iPad ne se vende pas encore au Canada à ce moment-ci, il est déjà beaucoup mieux connu – voire déjà plus que le Kindle d’Amazon…

Ceci étant dit, laquelle des deux entreprises est la plus visionnaire? Steve Jobs a maintes fois été qualifié de visionnaire, mais j’ai l’impression que les deux jeunes fondateurs de Google ont une vision à long terme encore plus perçante. À bien y penser, je crois que la force de Google à long terme sera ses recherches. Pensons seulement aux recherches de Google sur les réseaux à ultra haute vitesse ou à son nouveau protocole rapide SPDY. Après tout, je ne crois pas que Google recherche un lien étroit avec le consommateur. Google deviendra probablement plus un fournisseur de service qu’un vendeur et un fabricant de produit. Avec ses recherches et sans oublier sa collaboration avec la NASA, les limites de Google sont à mon avis littéralement infinies…

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Sigur Rós : Sons et impressions de l’Islande

Le groupe islandais Sigur Rós a définitivement tous les charmes. Leur musique suffit déjà à satisfaire les passionnés de musique mais sous leur pieds, il y a toute l’Islande, la langue et la culture islandaise.

D’abord, ils chantent en islandais et non en anglais. À prime abord, dans les discussions entre amis, les numéros de pièces et les années de parution des albums sont à peu près les seules choses qu’on peut prononcer, mais bientôt, on découvre que l’islandais est une langue très douce avec beaucoup de sons inusités.

Sur la route 1 quelque part le long de la Norðurá

Suivant la langue, il y a la musique. Sans avoir jamais mis les pieds en Islande, on peut deviner l’isolement, les volcans, les geysers, les chutes d’eau, les glaciers, l’océan, le vent, la glace, la neige et le soleil de minuit.

Parmi mes références préférées, mentionnons la pièce Hjartað Hamast qui se termine avec ce qui ressemble au bruit d’un geyser ou l’éruption d’un volcan, Glósóli qui rappelle le bruit d’un glacier qui craque et avance lentement, l’archet de Jónsi sur sa guitare électrique qui sonne comme un écho lointain d’activité volcanique(!) et le vibraphone qui résonne comme des gouttes de calcaires dans une grotte.

La voix du chanteur Jónsi sonne tantôt comme le vent d’hiver qui siffle dans un trou de serrure, tantôt comme le chant perdu d’un elfe dans un souterrain, tantôt comme un être surhumain sous un soleil éternel et tantôt comme un Islandais particulièrement doué pour le chant.

De plus, on retrouve la plupart du temps la force des éléments dans leur musique. Autant de silence et de sérénité que de puissance et de déchaînement. Leur tournée Heima autour de l’Islande en 2007 est d’ailleurs un mélange de musique de Sigur Rós et de paysage de l’Islande assez parlant.

Toutes ces raisons m’ont aussi emmenées, l’année dernière, à mettre les pieds en Islande.
Et ce n’était pas la dernière fois.

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Musique : Beauté physique et électronique

La première fois que j’ai entendu le bruit d’un geyser à la fin de la pièce Hjartað Hamast de Sigur Rós, j’ai réellement compris tout le potentiel de la musique électronique.

L’intérêt de l’électronique n’est pas de pouvoir reproduire des sons naturels, ni même d’en créer des nouveaux. Non, la raison principale à mon avis est la suivante : la dimension électronique apporte une conscience de soi à la musique.

Cette conscience de soi est la conscience des ondes, des fréquences, des modulations, des circuits électriques ou de l’électricité statique. La musique électronique met en évidence le fait que toute musique est physique et matériel.

Le geyser de Sigur Rós ne sonne pas comme un vrai geyser, c’est délibérément un geyser d’électrons.

Mais attention de ne pas confondre cette abstraction avec celle de la musique contemporaire : la musique contemporaine est principalement une abstraction technique du point de vue de la composition. Au contraire, le geyser de Sigur Rós est une quasi-abstraction du son, car c’est du courant continu et rien de plus.

Radiohead exploite bien ce concept dans Up on the Ladder quand il superpose délibérément un faible crépitement radioélectrique sur un segment de la pièce – à écouter entre 2:17 et 2:59 – qui rappelle la neige radiophonique de notre chère enfance… – et les tempêtes de neige de Buzz 99.9 à Montréal.

Bien entendu, des sons en soi ne font pas de la musique. Il doit y avoir une qualité esthétique et logique aux sons pour qu’ils engendrent de la musique. La force du crépitement de Radiohead est d’interrompre le flux normal de la pièce de façon lucide et « physique » sans perturber la musique en dessous.

Bref, pour moi, la beauté du concept tient à ce qu’elle rappelle cette nécessité qui existe dans la musique entre l’art et la physique.

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